La disparition d’un héros

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Défense

02/11/2015

ACTUALITÉ

Rescapé du Commando François, Pierre Pihan s’est éteint

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Rescapé du Commando François, fondateur et président d’Honneur de l’Amicale des Nageurs de Combat, Pierre Pihan s’est éteint le 30  octobre à l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Ancien marin et héros de guerre, il avait 84 ans. Ses obsèques auront lieu ce lundi en l’église Notre Dame de la Mer à Mar Vivo (La Seyne-sur-Mer). Les cendres de Pierre Pihan seront dispersées à la mer au Canier, face à la base vie du commando Hubert.

Trop jeune, de peu, pour participer aux débarquements de Normandie et de Provence, Pierre Pihan rejoint dès que son âge le lui a permis la Marine nationale, au sein de laquelle il s’engage en 1946. Il a alors 15 ans. Devenu fusilier-marin, le jeune homme, qui décroche par la suite ses certifications de parachutiste et nageur de combat, intègre le commando François, l’une des six unités d’élite de la marine créées en 1947. Alors que les commandos Jaubert, Monfort, Trepel, De Penfentenyo et Hubert existent toujours, François a été dissous en mai 1953.

En Indochine, où les forces françaises affrontent le Vietminh de 1946 à 1954, le commando François (qui portait le nom du lieutenant de vaisseau François Jacques, mort sur le Tonkin à la tête de sa flottille amphibie en janvier 1947) est décimé dans la nuit du 28 et 29 mai 1951 à Ninh Binh. Seuls contre deux bataillons du général Giap, qui avait lancé une vaste offensive pour s’emparer du delta du Tonkin, le lieutenant de vaisseau Albert Labbens et ses 76 hommes, retranchés dans une église abandonnée, offrent une résistance héroïque. En état d’infériorité numérique écrasante, les marins français, âgés en moyenne d’à peine 20 ans, perdent 40 des leurs sous le feu de l’ennemi et, malgré une sortie de vive force réussie, les survivants, après avoir épuisé leurs munitions, sont capturés. En plus des 40 tués, on dénombre 9 disparus, certains ayant probablement été fusillés. Seuls 29 hommes du commando François survivent, dont Pierre Pihan, à l’issue d’un sacrifice qui permet de retarder l’offensive surprise de Giap. Grâce à cette valeureuse résistance, le général de Lattre de Tassigny eut le temps d’organiser la riposte dans ce qui constitua le début de l’un des grands affrontements de la guerre d’Indochine, connu sous le nom de bataille du Day.

Le combat et la bravoure du commando François à Ninh Binh sont depuis 64 ans inscrits dans l’histoire militaire française. Mais les années sont passées et, à l’exception du désastre de Diên Biên Phu,  les faits d’armes de la guerre d’Indochine, déjà lointaine pour l’opinion publique de l’époque, se sont progressivement estompés dans l’esprit collectif. C’est pourquoi Pierre Pihan a œuvré sans relâche, dans le cadre associatif, pour perpétuer la mémoire de ses anciens camarades et faire en sorte que leur sacrifice ne soit pas oublié.

Ce fut encore le cas en juin 2014, lorsqu’à 83 ans, l’ancien marin s’était envolé d’Avignon avec le pilote et collectionneur Fred Acary sur un vénérable P-51 Mustang. Le superbe appareil, vieux de 70 ans, s’était posé sur la base d’aéronautique navale d’Hyères, en marge d’une journée portes ouvertes de la BAN, où Pierre Pihan et Fred Acary avaient été accueillis par les autorités de la base et d’anciens bérets verts.

(© : MER ET MARINE – JEAN-LOUIS VENNE)

Pierre Pihan avait créé en 1968 l’Amicale des Nageurs de Combat, association qu’il présida jusqu’au 1er janvier 2014 et qui regroupe les deux tiers des nageurs de combat de la Marine nationale et quelques-uns de leurs camarades de l’armée de Terre.

Notons au passage que Georges Fleury, Granvillais et ancien marin, a consacré l’un de ses ouvrages à Pierre Pihan.

Le commando
Parution :
11/05/1983
Pages :
312
Format :
150 x 240 mm
Prix :
22.40 €
EAN :
9782246288411

Le commando

26 mai 1951. Dans l’église désaffectée de Ninh-Binh, les hommes du commando marine François reposent, harassés. Soudain, quelques minutes avant l’aube, c’est l’enfer : les Viets attaquent ! Le quartier-maître Pierre Pihan boucle son ceinturon et se jette, jambes et torse nus, dans la bagarre. Blessé trois fois en deux heures, il sera l’un des rares rescapés de ce Camerone des fusiliers marins en Indochine. A travers la tragédie de Ninh-Binh, c’est l’exceptionnelle aventure d’un homme hors du commun que retrace Georges Fleury, Pierre Pihan, commando à dix-sept ans, a participé à toutes les grandes opérations des commandos des fusiliers marins François et Jaubert. Sa force physique impressionnante, son courage à toute épreuve en ont fait un guerrier d’élite. Longues traques dans les rizières inondées, pièges infernaux tendus par les Viet-minhs, embuscades meurtrières sous les palétuviers : dans la lignée du Baroudeur, c’est toute la guerre d’Indochine que Georges Fleury fait revivre en un hallucinant cocktail de combats grandioses, d’attaques et de replis. Une épopée à la gloire du courage.

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