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Le cri !

Valery a encore frappé. Extraordinaire ! Le cri d’Edvard Munch, oeuvre éphémère cette fois en Antarctique.

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Europa, le trois mâts du bout du monde

Ce magnifique bateau était présent à la TSR de 2005 à Cherbourg. Je l’ai revu en 2006 à Saint Malo et espère le revoir au plus tard en 2018 lors du rassemblement TSR prévu à Cherbourg, port de départ de l’édition qui aura lieu dans un peu plus de trois ans.

Janvier 2005, à bord de l’Europa à Ushuaïa

Dans un silence sidéral, d’Aïtcho à Melchior Island, nous n’entendions que les gréements qui grinçaient et glaces qui craquaient sous l’étrave. Les îles fleuraient bon l’odeur des manchots. Ils avaient accompagné le navire par petits bonds joyeux. Ils nous accueillaient comme autant de soldats de la paix sur les rochers blancs ou noirs et sur les lichens verts fluo. eux et leurs enfants soyeux. leurs œufs si précieux, chauffés par le soleil polaire, étaient à la merci des affreux skuas volants.

Les baleines dansaient autour de la coque, confiantes, facétieuses. Nous étions à sec de toile et l’Europa se laissait aller au surplace dans ce miroir immense d’où sortait soudain une nageoire haute comme un arbre, un jet de vapeur moite qui vous éclaboussait, une queue victorieuse qui battait l’air lourdement avant de filer sous l’eau sans aucun bruit. Avant ce paradis, il y avait eu l’enfer. Sur le pont, calés à une aussière tribord arrière, certains s’étaient construit un refuge pendant la tempête d’où il pouvaient contempler le spectacle de la mer en furie. Le bord était alors tissé comme une toile d’araignée que l’équipage avait tendue en un éclair pour guider chaque mouvement des passagers. Les paquets d’eau déferlaient sur le pont emportant tout sur leur passage. Habiles comme des singes, Adelino, Paul et Jarina ramenaient la toile, cintraient les vergues. Imperturbable, foulard et cheveux au vent, le capitaine Klass surveillait le ciel et les grains à venir. Seth, le chef de quart, géant dans cet espace liliputien, assurait la manoeuvre. L’Europa se cabrait, percutait les vagues et filait vaillamment ses dix nœuds, insensible aux efforts déployés par les passagers pour avaler leur soupe chaude dans le carré en dessous. La cuisine était hollandaise, sans fioritures mais toujours solide.  La nuit, de petites fées se relayaient pour malaxer la pate à pain qui se métamorphosait au matin en autant de tranches délicieuses. Chacun trouvait sa place au choix, dans le carré, sous une lampe décorée de la carte du monde, dans la coursive parfois, dans la bibliothèque bourrée de livres d’aventure, et plus souvent dans le salon sur le pont, plus près du bar et des étoiles. Nous n’avions aucune idée de l’heure qu’il était. Il faisait jour à trois heures du matin. Nous cherchions la nuit partout. Elle se laissait parfois deviner dans un rayon de lumière rose au dessus d’un glacier, ou se cachait derrière un nuage plat soudain repu de violet.

position Europa 221214

Position de l’Europa le 22 décembre 2014

www.barkeuropa.com