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Au large de Lisbonne

Halvard égal à lui-même et comme on l’aime, je ne résiste pas au plaisir de reprendre ici l’intégralité de sa prose du jour :

Halvard dans le texte :

Bonjour à tous
Campagne 2 France se trouve donc actuellement à la latitude de Lisbonne. Mais là je ne vous apprends rien, car vous le savez déjà en regardant la cartographie de la Route du Rhum Destination Gouadeloupe (il y a des moments où l’on comprend tout le sens de « Destination Gouadeloupe », car vous pouvez vous apercevoir que ce n’est pas si évident que ça d’y arriver…).
Que dire d’autre? Vous avez tous entendu parler du fameux roman « à l’Ouest rien de nouveau » et bien moi je peux vous dire aussi qu »à l’Est rien de nouveau ». Pour l’instant le vent refuse progressivement, histoire d’essayer de nous faire croire que « Le Bonheur est dans le Près ». A terre, sûrement, en Mer pas si évident que ça. En tous cas ça se discute.

Comme ce qui se passe sur le bateau est bien peu intéressant, il vaut mieux que je vous dise ce qui se passe dans ma tête. Si si, même dans la tête d’un Marin il peut se passer des choses, à la surprise générale, et c’est pour celà qu’il y en a même qui ont dit « c’est bizarre chez les Marins ce besoin de faire des phrases ».
Je me dis que l’on vit tout de même une drôle d’époque. Il parait que l’on parle beaucoup de la Route du Rhum. Si c’est vrai, quelle aubaine pour François Hollande, pendant ce temps au moins les gens ne pensent pas à dire du mal de lui. Il n’a pas besoin de ça en plus, le pauvre bougre. Pas facile d’être capitaine d’un navire qui fait eau de toute part et dont en plus l’équipage est en mutinerie quasi permanente. Mais là n’est pas le sujet. Je me dis juste que si vraiment on parle beaucoup de la Route du Rhum, c’est toujours mieux que d’aller faire une guerre à Petaouchnock, histoire de pas discuter ménage chez soi.
En attendant, si vraiment on parle beaucoup de la Route du Rhum, c’est d’autant plus frustrant pour ses humbles acteurs comme moi, car vraiment nous somme bizarrement des naufragés de l’information. De la Route du Rhum? Je ne sais rien. A part des petits bateaux de couleur sur l’écran de mon ordinateur, tout l’humain est absent pour nous qui sommes en train de voguer sur la Mer jolie. On voit qu’il y en a qui s’arrête au stand, mais on ne sait pas pourquoi. Si l’on veut de l’info, il faut aller la pêcher, et franchement, d’une part on a autre chose à faire et d’autre part, comme tout passe par les liaisons satellites, ça coute une blinde si on veut utiliser sa table à carte et son ordinateur de bord pour aller sur le net chercher de l’info « sur le web » comme à la maison.
Allez, je vais donc faire mon numéro de « Vieux Con » et de « c’était mieux avant » (pour les marins en tous cas). En effet, à l’époque lointaine où j’ai commencé à courir, au siècle dernier, le seul moyen de communiquer avec la terre était la radio BLU (Bande Latérale Unique). Par les ondes hertziennes et non pas pas par les satellites. Certes, les communications étaient pour le moins aléatoires et il fallait parfois attendre patiemment son tour avant d’être relayé par le sympathique service de Saint Lys Radio vers la station terrestre désirée. Mais pour nous, cela avait l’avantage que nous pouvions tout entendre. Pas exprès bien entendu, ça ne se fait pas d’écouter aux portes ou les conversations des autres. N’empêche que comme par hazard, au moment de la vacation de la course avec la terre, nous avions nos récepteurs radio allumés et qu’il fallait bien que nous soyions à l’écoute, dès fois que Saint Lys nous prévienne que nous avions un « appel en instance ». Autrement dit, nous
étions aux premières loges pour écouter en direct et en « prime time » toutes les infos de la course. Nous savions en avant première les petits soucis des uns ou des autres, les joies, les peines, bref nous étions vraiment au coeur de l’action et de l’événement. Cela contribuait à transformer un grande Aventure individuelle en une magnifique aventure collective, car nous avions ainsi une certaine proximité avec l’ensemble de la flotte. A l’arrivée nous avions le sentiment d’avoir partagé des bons ou des mauvais moments ensemble. Nous pouvions nous identifier comme une grande Famille. Comme nous nous connaissions tous plus ou moins, au son de la voix de l’interlocuteur, on pouvait même jauger s’il était en forme ou pas, si le moral était au beau fixe ou dans les baskets, si Untel bluffait ou s’il se cantonnait à la réalité vraie. Dès qu’un bateau avait une avarie et la communiquait à terre , nous pouvions le savoir par nous même. Ainsi nous avions en permanence un aperçu général
du « moral des troupes »et un tableau détaillé de ce qui se passait réellement sur l’eau, sans que les divers événements soient relayés, filtrés au besoin, éventuellement revus et corrigés si nécessaire, par les divers services de communication des bateaux ou de la course. La « Novlangue » s’emparerait-elle aussi de la course au Large? C’est toujours ce qui risque d’arriver lorsqu’il y a trop d’intermédiaires entre l’action et l’informé. Chaque intermédiaire y met son grain de sel et n’a souvent pas d’autre choix, pour se faire valoir, que de rendre incompréhensible quelque chose de pourtant simple, mais qu’il ne comprend pas lui-même.
Techniquement, il faut reconnaître que c’est incroyable les liaisons satellites. Le bateau peut appeler la terre et envoyer des messages avec une facilité déconcertante et, en y mettant les moyens, certains skippers peuvent même se faire des « selfi » ou « prendre » de la vidéo et l’envoyer vers la terre exactement comme sur la terre. Qualitativement je ne sais pas ce que ça vaut, car on ne s’improvise pas scénariste, cadreur, monteur et accessoirement acteur comme ça, mais quantitavement les terriens sont servis. Plus incongru, le fait que votre bateau soit transformé en cabine téléphonique. Entendre une sonnerie au milieu de l’Atlantique, décrocher le combiné et avoir un correspondant directement en ligne est quelque chose auquel je ne me suis pas encore fait. Franchement ça me fait bizare.
C’est là où je me dis que décidément les temps changent, mais moi pas.
Campagne 2 France – Au Large de Lisbonne.

Halvard dans le texte :

Bonjour à tous
Campagne 2 France se trouve donc actuellement à la latitude de Lisbonne. Mais là je ne vous apprends rien, car vous le savez déjà en regardant la cartographie de la  Route du Rhum Destination Gouadeloupe (il y a des moments où l'on comprend tout le sens de "Destination Gouadeloupe", car vous pouvez vous apercevoir que ce n'est pas si évident que ça d'y arriver...).
Que dire d'autre? Vous avez tous entendu parler du fameux roman "à l'Ouest rien de nouveau"  et bien moi je peux vous dire aussi qu"à l'Est rien de nouveau". Pour l'instant le vent refuse progressivement, histoire d'essayer de nous faire croire que "Le Bonheur est dans le Près". A terre, sûrement, en Mer pas si évident que ça. En tous cas ça se discute.

Comme ce qui se passe sur le bateau est bien peu intéressant, il vaut mieux que je vous dise ce qui se passe dans ma tête. Si si, même dans la tête d'un Marin il peut se passer des choses, à la surprise générale, et c'est pour celà qu'il y en a même qui ont dit "c'est bizarre chez les Marins ce besoin de faire des phrases". 
Je me dis que l'on vit tout de même une drôle d'époque. Il parait que l'on parle beaucoup de la Route du Rhum. Si c'est vrai, quelle aubaine pour François Hollande, pendant ce temps au moins les gens ne pensent pas à dire du mal de lui. Il n'a pas besoin de ça en plus, le pauvre bougre. Pas facile d'être capitaine d'un navire qui fait eau de toute part et dont en plus l'équipage est en mutinerie quasi permanente. Mais là n'est pas le sujet. Je me dis juste que si vraiment on parle beaucoup de la Route du Rhum, c'est toujours mieux que d'aller faire une guerre à Petaouchnock, histoire de pas discuter ménage chez soi.
En attendant, si vraiment on parle beaucoup de la Route du Rhum, c'est d'autant plus frustrant pour ses humbles acteurs comme moi, car vraiment nous somme bizarrement des naufragés de l'information. De la Route du Rhum? Je ne sais rien. A part des petits bateaux de couleur sur l'écran de mon ordinateur, tout l'humain est absent pour nous qui sommes en train de voguer sur la Mer jolie. On voit qu'il y en a qui s'arrête au stand, mais on ne sait pas pourquoi. Si l'on veut de l'info, il faut aller la pêcher, et franchement, d'une part on a autre chose à faire et d'autre part, comme tout passe par les liaisons satellites, ça coute une blinde si on veut utiliser sa table à carte et son ordinateur de bord pour aller sur le net chercher de l'info "sur le web" comme à la maison.
Allez, je vais donc faire mon numéro de "Vieux Con" et de "c'était mieux avant" (pour les marins en tous cas). En effet, à l'époque lointaine où j'ai commencé à courir, au siècle dernier, le seul moyen de communiquer avec la terre était la radio BLU (Bande  Latérale Unique). Par les ondes hertziennes et non pas pas par les satellites. Certes, les communications étaient pour le moins aléatoires et il fallait parfois attendre patiemment son tour avant d'être relayé par le sympathique service de Saint Lys Radio vers la station terrestre désirée. Mais pour nous, cela avait l'avantage que nous pouvions tout entendre. Pas exprès bien entendu, ça ne se fait pas d'écouter aux portes ou les conversations des autres. N'empêche que comme par hazard, au moment de la vacation de la course avec la terre, nous avions nos récepteurs radio allumés et qu'il fallait bien que nous soyions à l'écoute, dès fois que Saint Lys nous prévienne que nous avions un "appel en instance". Autrement dit, nous
étions aux premières loges pour écouter en direct et en "prime time" toutes les infos de la course. Nous savions en avant première les petits soucis des uns ou des autres, les joies, les peines, bref nous étions vraiment au coeur de l'action et de l'événement. Cela contribuait à transformer un grande Aventure individuelle en une magnifique aventure collective, car nous avions ainsi une certaine proximité avec l'ensemble de la flotte. A l'arrivée nous avions le sentiment d'avoir partagé des bons ou des mauvais moments ensemble. Nous pouvions nous identifier comme une grande Famille. Comme nous nous connaissions tous plus ou moins, au son de la voix de l'interlocuteur, on pouvait même jauger s'il était en forme ou pas, si le moral était au beau fixe ou dans les baskets, si Untel bluffait ou s'il se cantonnait à la réalité vraie. Dès qu'un bateau avait une avarie et la communiquait à terre , nous pouvions le savoir par nous même. Ainsi nous avions en permanence un aperçu général
 du "moral des troupes"et un tableau détaillé de ce qui se passait réellement sur l'eau, sans que les divers événements soient relayés, filtrés au besoin, éventuellement revus et corrigés si nécessaire, par les divers services de communication des bateaux ou de la course. La "Novlangue" s'emparerait-elle aussi de la course au Large? C'est toujours ce qui risque d'arriver lorsqu'il y a trop d'intermédiaires entre l'action et l'informé. Chaque intermédiaire y met son grain de sel et n'a souvent pas d'autre choix, pour se faire valoir, que de rendre incompréhensible quelque chose de pourtant simple, mais qu'il ne comprend pas lui-même. 
Techniquement, il faut reconnaître que c'est incroyable les liaisons satellites. Le bateau peut appeler la terre et envoyer des messages avec une facilité déconcertante et, en y mettant les moyens, certains skippers peuvent même se faire des "selfi" ou "prendre" de la vidéo et l'envoyer vers la terre exactement comme sur la terre. Qualitativement je ne sais pas ce que ça vaut, car on ne s'improvise pas scénariste, cadreur, monteur et accessoirement acteur comme ça, mais quantitavement les terriens sont servis. Plus incongru, le fait que votre bateau soit transformé en cabine téléphonique. Entendre une sonnerie au milieu de l'Atlantique, décrocher le combiné et avoir un correspondant directement en ligne est quelque chose auquel je ne me suis pas encore fait. Franchement ça me fait bizare.
C'est là où je me dis que décidément les temps changent, mais moi pas.
Campagne 2 France - Au Large de Lisbonne.

Fortune de mer pour MaLuEl 40.2

Le Sabrosa de M. Lepesqueux à Cherbourg

Le Sabrosa de M. Lepesqueux à Cherbourg

Suite à une avarie sur le Rhum, le class 40 de Marc Lepesqueux est arrivé à Cherbourg hier soir. Ce tout nouveau Sabrosa a en effet perdu sa quille lors du coup de vent qui a traversé la Manche juste après le départ de Saint Malo dimanche dernier. Le convoyage vers Cherbourg ne s’est pas bien passé :

je cite, extrait de la page de Marc sur facebook :

« Rentré à Cherbourg mardi matin.
Le convoyage ne s’est pas bien passé. Fatigué, Marc s’est endormi et s’est échoué sur la Saline juste avant d’arriver à la hauteur de la digue. Grâce à des plaisanciers qui l’observaient, il a réussi à dégager le bateau et refaire route vers Port Chantereyne où l’équipe technique l’a aussitôt accueilli. Le bateau a été gruté, les dégâts constatés : le Sabrosa n’a plus de quille du tout. »
Le rhum a un goût amer pour le skipper de Dielette…